Les familles Sotty et Segaud fêtent le retour des prisonniers de guerre à La Praye à Saint-Eugène






Le 13 août 1945 à La Praye à Saint-Eugène, les familles Sotty et Segaud fêtent le retour des prisonniers de guerre - Daniel est en bas au milieu





A Saint Eugène en Saône et Loire Bourgogne le 13 Août 1945, ce rassemblement familial était relaté par la presse locale (voir cet article ci-dessous)
Une Famille fête le retour de seize prisonniers
A la limite des communes de Sanvignes et de Saint Eugène, au lieu-dit "La Praye", est une grande exploitation agricole dirigée par Monsieur Segaud. Cet endroit désert servit d'abord aux Allemands qui y abritaient chevaux et voitures. Par la suite, il fut le champ d'action de nos gars du maquis...
De nombreuses rencontres eurent lieu et plusieurs Allemands furent tués, mais hélas ! quelques maquisards y trouvèrent aussi la mort.
Très souvent, Monsieur Segaud fut menacé par les Allemands qui le soupçonnaient d'abriter le maquis, le ravitailler et lui donner tous renseignements utiles (ils ne se trompaient pas). Par son attitude énergique et les allemands n'ayant jamais pu trouver de pièces compromettantes chez lui, il eut la vie sauve.
Les familles Sotty et Segaud eurent 18 enfants. Les aînés firent la guerre 14-18 et les autres, avec leurs beaux-frères et neveux fournirent seize combattants à la dernière guerre. La majorité d'entre eux étaient cultivateurs, on devine le travail que durent fournir femmes et enfants pour continuer leur exploitation.
La fin de la guerre arriva enfin et les seize mobilisés prisonniers retrouvèrent leurs foyers.
C'est en l'honneur de cet heureux événement que Monsieur Segaud rassembla les familles des 16 prisonniers (frères, beaux-frères, neveux, etc...) et offrit un dîner qui rassembla 123 personnes.
Cinq grandes tables furent dressées dans la grange, et les invités s'en donnèrent car la fête dura deux jours.
Les doyens d'âge étaient d'une part Monsieur Sotty (veuf) 75 ans et Madame Veuve Segaud74 ans qui eurent le plaisir ce jour-là d'assister aux baptême de deux arrières petits-enfants.
Au dessert, Monsieur Sotty, l'heureux grand-père aux cheveux blancs courbé par les longues années de labeur, prit la parole et c'est par des mots très simples, mais venant du coeur, qu'il manifesta la joie de se voir entouré de toute sa famille ; il rappela les souffrances et la misère de ses prisonniers, l'exploit des combattants des deux guerres et la barbarie de l'occupant ; il termina en disant qu'il fallait renoncer aux chagrins, oublier ce vilain passé et regarder vers l'avenir pour que vive la France. Enfin, à l'adesse de tous les amis décédés, il demanda une minute de silence.
La parole fut donnée ensuite aux chanteuses et aux chanteurs et une joyeuse sauterie termina cette grande fête de famille où on sent ce grand accord qui fait la force de nos laborieuses familles de la terre





Annie Lauvergnier et Daniel Sotty entre 1943 et 1964, un petit aperçu de leur vie depuis la naissance jusqu'au mariage.
Nous habitions tous deux à Montceau les Mines, Annie habitait le sud-est du Canal du Centre sur le socle granitique des premiers monts du Charolais alors que Daniel habitait au nord-ouest du Canal du Centre dans la zone d'exploitation du charbon sur la bordure sud de la dépression permo carbonifère de Blanzy-Montceau.
Pas plus de 3 ou 4 km nous séparaient, et pourtant en cette période d'après guerre dans laquelle le paternaliste chrétien était encore très présent et influent, deux mondes bien différents cohabitaient. Les quartiers où habitait Annie étaient peuplés très majoritairement par des commerçants, des artisans, des fonctionnaires et des petits chefs ou agents administratifs de la Houillère de Blanzy. Alors que les quartiers (les cités ouvrières) où habitait Daniel étaient peuplés très majoritairement par des immigrés des campagnes environnantes, de Pologne ou d'Italie. Nous étions tous des immigrés et des ouvriers qui travaillaient à la mine et même les enfants étaient destinés à travailler à la mine.
Alors si on excepte les bals du Syndicat des mineurs, nous avions peu de chance de nous rencontrer d'autant que ni Annie ni Daniel n'étaient des fans des bals musette et du yéyé de l'époque.
Puis le destin nous a aidé et nous nous sommes rencontrés le soir du 15 mars 1962 dans le train qui nous emmenait à Dijon, Annie 17 ans et demi qui était étudiante à l’École Nationale des Beaux Arts et Daniel 19 ans qui était militaire.
Immédiatement nous avons su que nous étions faits pour vivre ensemble.
Nous avons pris notre temps et nous avons voulu nous éprouver et nous ne disons pas nous essayer (la nuance est importante). Ce temps a duré plus de deux années pendant lesquelles nous avions toute notre liberté et nous n'avions aucun engagement.
Puis le 1er mai 1964, Annie s'engage fermement et affirme sa volonté de vouloir vivre et vieillir avec Daniel qui n'attendait que cela. Et une nouvelle fois nous sommes montrés patients et nous attendons encore 2 jours. Enfin le 3 mai nous passons notre première nuit ensemble dans un hotel près de la gare de Montchanin.
Le 3 août 1964 nous étions mariés. Une mariage qui dure depuis plus de 50 ans.



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